Poésie
Je cours.
Je cours depuis des heures, des jours, des semaines, sans avancer
Je pose un pied devant l’autre, d’un pas de plus en plus incertain
Je cours sur une surface mouvante de cet univers fixe
Et je reste figée, immobile, dans l’espace et le temps
Au loin, je vois doucement s’élever un mur infranchissable
Rouge, comme le sang qui coule sous mes pieds
Je tremble face la route qui se dresse devant moi
Je faiblis, je m’assèche, aurais-je la force de continuer?
J’ai mal. Ma souffrance s’accumule, se multiplie
La douleur possède mon corps, qui me semble étranger
Mes muscles se raidissent, mon coeur s’affole
Ma volonté m’abandonne et mon esprit se déchire
Mon corps n’en peut plus et des larmes glissent sur mes joues
Je lutte contre moi-même dans un combat sans issue
Puis, je regarde devant moi et j’entrevois ce que je désire
Mon espoir renait, ma volonté s’affirme et je me ressaisis
J’ignore la douleur et dans un ultime effort je m’entête
J’ai déjà parcouru tellement de chemin, je ne peux que continuer
Je cours.

C’est un bien beau poème…